Cherry.Berry.Ecrit

Textes futiles et nécessaires.



A la marge #2

ll en essaya une autre, mais la serrure ne bougea pas, comme les autres. Il tenta de forcer encore, un peu plus fort. La porte voisine s’ouvrit et claqua sur ses explications. Toujours la même chose Catherine, les gens sont devenus complètement cons. Dépité, il reprit sa mallette et quitta l’immeuble en insultant ses habitants.

Repasser à l’agence? Bof… C’était devenu plus compliqué avec la nouvelle. Il lui expliquait bien. Elle ne comprenait rien. Ça le rendait fou. 

D’un côté, sa tête de grognasse. De l’autre, la bruine glacée qui s’abattait sur la ville. Il décida  d’aller lui passer le bonjour. Et elle était bien là. 

Ah ! Cathy! Si tu le voyais, son air dégoûté, quand elle me voit entrer! Obligé de lui donner du Madame. Madame de la Connasse oui! 

Elle avait l’air contente aujourd’hui. Elle agitait un trousseau, juste devant ma face. Et elle me l’a laissé, comme on jette un os à un clébard pour s’en débarrasser. J’ai dit merci. Tu sais quoi Cat? Comme souvent, je dis, mais je pense autrement. 

Devine ce que j’ai fait ensuite?  Je suis pas parti bosser. Comme j’étais en chômage technique, j’ai comme qui dirait, passé la journée à l’extérieur. Enfin avec ce temps de chien, je suis allé dans un bar. Et tu sais ce qu’il s’est passé? Ils m’ont viré au bout d’une heure, ces fils de sagouins. Les gens qui bossent, ça les dépasse tu vois. Et pourtant je peux te le dire,  j’ai consommé tout ce que j’avais sur moi. 

Alors je me suis mis en place pour rentrer, mais je voulais te ramener quelque chose, puisqu’on est que tous les deux. Pas un truc grandiose, tu me connais. Juste, un truc à grignoter pour le midi. Du pâté. Celui que tu aimes bien. On partagera, je me suis pris une bière pour aller avec ça.

Et puis là, une bonne femme qui m’appelle. Le trousseau que l’autre m’avait donné, qu’elle agitait aussi devant moi. Tu sais quoi  ? Je l’avais soi-disant fait tomber. Moi je pense plutôt que c’est le mec de l’entrée qui a essayé de me les piquer. 

“Clés oubliées”, qu’elle me dit en lisant l’étiquette attachée dessus. C’est poétique pour quelqu’un qui les perd. Poétique ? Ah ma Cathy, la colère m’est montée tu imagines pas! Cette garce de l’agence. Me filer ce trousseau là, sans rien me dire. J’ai pas que ça à faire moi,  de lui retrouver les serrures qui correspondent à ses clés. C’est un travail de larbin. Je lui ai gueulé dessus, je l’ai traitée de tous les noms, même si elle était pas là. Et même que celle de la caisse, elle a cru que c’était pour elle les insultes. L’esclandre que ça a fait… Eux aussi m’ont viré de là. 

Alors finalement me voilà ma Cathy, je suis rentré chez nous, même sans les clés.  C’est ça quand on n’a pas de porte. 

Catherine ne répondait pas. 

Et pour cause, Cat-Cathy est un chat. 




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