Cherry.Berry.Ecrit

Textes futiles et nécessaires.




La ville colle dans sa canicule, les trottoirs coulent, le bitume ondule.

Temps aride, aucune ondée.

Des jours que l’eau n’est plus tombée que des climatiseurs et de leurs modules.

• • •

Premières lueurs, en sueur déjà, il fait chaud, disent les spécialistes du climat.

Moite et pas qu’à moitié, ma bouche est sèche, mais tout le reste est trempé.

Hors de mon lit et de son inconfort, la transpi sort de tous mes pores.

• • •

Aujourd’hui c’est samedi, heureusement, à quelques encablures d’ici, une plage m’attend.

En sueur dans l’ascenseur, coup de chaud dans le métro, les corps transpirent dans les transports.

Sur toutes les lignes, on dégouline, Go hors de la ville, direction le port.

Tout le monde va chercher la brise sous le soleil, serviette contre fouta, on est tous pareils, de Marseille à Mar del plata.

• • •

Posée là, je vois Martine, ma voisine, avec sa pote elles bitchent à la plage.

L’or scintille à son cou : c’est du plaqué,

Sa peau brille de partout, ses cheveux sont laqués.

Son lipstick sans transfert, parasol, transat, glacière.

Rôti cuit, rôti cru

Peau flétrie et vieux culs.


Le photographe l’aperçoit, il lui lâche « Hey sweetie »

Beignets tièdes, huile rance et lancer de frisbee.

Il sort l’appareil, clic clac, il s’appelle Martin(e) lui aussi.

Martine pose et se marre.

Martin shoote et se barre, il en a fini.

L’affaire est dans le sac, merci Kodak.

Les photos fixées sur la pellicule, comme autant de clichés.

Les tirages sont comme les peaux : exposés.

• • •

Les vieux grillent, les petits crient,

Les peaux crament, les crânes luisent, les musclés crânent, et les cuisses cuisent.

La plage, c’est le spectacle assuré, mais je suis toujours en sueur, et j’ai du sable collé sous les pieds.

L’air de plomb est délétère, entre les UV et les SUV j’ai peut être chopé un cancer, le comble du comble pour un sagittaire.

Sans s’agiter, brasser de l’air, la journée est passée sans rien faire.

Rien, vous n’avez rien fait que d’écouter ma cuisson à l’étuvée.

Peut-être que ça vous a amusé, peut-être que ça vous a fait suer.

Mais…Plic plic…  c’est terminé :  la pluie se met enfin à tomber.




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